mercredi 23 septembre 2015

Numération dans le 10.

M. est très intéressé par la numération. Pas un jour ne passe sans qu'il ne compte...
Il compte les fruits à table, ses doigts, ses jouets, les mêmes mots qui se répètent dans une histoire, ceux qui reviennent dans le refrain d'une chanson, les parapentes dans le ciel, et même combien de fois à la suite il trace des lettres rugueuses! Tout y passe.
La "numération dans le 10" est acquise depuis un moment, pourtant on "recommande" en pédagogie Montessori de le faire vers 4 ans (car par exemple l'enfant doit avoir manipulé les barres rouges pour faire les barres rouges et bleues).
J'ai donc été un peu "fainéante" et j'ai laissé M. consolider ses acquis et faire ses découvertes en apprentissages autonomes.
Je dis "fainéante" mais en fait c'était une décision réfléchie, avec d'un côté l'indécision quant à la nécessité d'apporter du matériel Montessori dans notre quotidien et de l'autre un amour des apprentissages autonomes... L'enfant apprend tellement par lui-même! La preuve il avait fait tout ça tout seul, et il se trouvait lui-même des jeux qui correspondaient à ses besoins d'exploration dans le dix, il n'y avait qu'à travailler sur l'environnement et laisser des objets susceptibles de l'engager dans la découverte.

Il y a donc eu des jeux spontanés de dénombrements, d'addition avec dés,  de jeux sur table lumineuse...

Jeu d'addition d'objets avec dé.
jeux des "haricots" (billets pour dénombrements)
association quantités/symboles (jeu spontané)
construction de chiffres avec Kaplas.
Puis il comptait sur ses doigts constamment et est arrivé seul à des idées d'addition, soustraction, et même de multiplication! "Donc trois fois deux, ça fait six!"

Je me suis demandée à maintes reprises si cela n'était pas suffisant: il découvrirait forcément ce qu'il avait besoin de découvrir de la même façon... puis j'ai été prise de doutes puisqu'il aimait aussi les rares fois où je proposais moi une activité qui tournait autour d'un de ses intérêts.
Même si l'enfant peut s'inventer mille et un jeu autour des mathématiques, compter avec des cailloux et que sais-je encore, il est difficile de tout aborder comme ça ou plutôt il serait peut-être dommage de l'empêcher d'aller plus loin dans ses découvertes.?
J'ai alors pensé que la progression Montessori serait peut-être idéale pour lui qui semble si attiré par les nombres et j'ai eu envie de la reprendre depuis le début pour plus de cohérence, même si cela signifiait peut-être que M. s'ennuierait un peu au début.

Points positifs: c'est allé assez vite et il ne s'est jamais ennuyé! Il aime tant manipuler et cela lui a certainement permis de consolider ses acquis autour de cette numération dans le 10. 
Il a d'abord travaillé les barres bleues et rouges. Si la sériation et l'association quantités/symboles ne lui ont pas posé problème, il a vraiment adoré les manipuler, ainsi que découvrir les manipulations possibles autour de l'idée d'addition et soustraction.
Puis comme il adore les blocks, la construction, l'organisation minutieuse d'éléments dans l'espace, il a pris plaisir à ne pas juste "mélanger" ses barres avant de faire les associations, mais les a organisées en "branches d'arbre".
a ressemble à une tuyauterie de Byron Barton!"
La boîte des fuseaux ne l'a guère intéressé par contre. Il l'a faite seulement lors de la présentation.
La notion de pair/impair l'a par contre passionné, si bien qu'il a voulu l'expliquer à son papa ;-)
Alors, pair ou impair?
Nous avions déja fait le "jeu des haricots" avec des objets dépareillés de la maison, du coup j'ai choisi cette fois des billes plates en guise de haricots car ce sont les chouchoutes de la maison ;-)
Puis nous avons fini avec le serpent positif, 1ère étape. Un gros, gros succès... Je me doutais déja en juillet lors de ma formation que cela le passionnerait! C'est sans doute "bête" d'avoir tant attendu pour lui présenter mais bon, cela l'intéresse toujours, la preuve ;-)

J'avais peur en introduisant un matériel spécifique avec une progression particulière de "contrecarrer" ses apprentissages autonomes (que je trouve tout simplement magiques), mais il continue bien sûr d'explorer des choses de façon spontanée. Il associe par exemple les symboles qu'il ne connaît pas encore aux nombres qu'il dit à voix haute en regardant en bas des pages des livres... (oui, c'est vrai, ça n'arrange en rien mes interrogations sur l'utilité du matériel...)
Il est vrai que le matériel Montessori est là pour répondre à un intérêt, comme tout autre matériel ou objet de l'environnement. Son utilisation ou non utilisation (cf. fuseaux) est totalement libre, la durée aussi. Il va travailler 30mn un jour, 1h un autre, ne pas toucher au matériel Montessori pendant deux jours, y revenir au gré de ses envies...
Depuis quelques jours, il demande fréquemment, "c'est quoi mille?" J'ai donc sorti le plateau du système décimal, car là il peut toucher et comparer.
Il parle des âges, réfléchit aux longueurs en étudiant un mètre qui a un côté mètre et un côté "inch".
Bref, les apprentissages autonomes (et la spontanéité et créativité qui vont avec) ont encore de beaux jours devant eux ;-) 

1 commentaire:

  1. J'avoue être complètement fan de la progression Montessorienne en mathématiques (peut être parce qu'à la base c'est ma formation et ma matière de prédilection)
    Je ne pourrai que recommander, même quand c'est acquis, de passer par ce matériel si bien pensé pour consolider les bases et partir solidement vers l'envol des opérations ...Je t'ai répondu sur mon blog!

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