jeudi 10 mars 2016

Premières notions de géographie.

"Poisson-clown" nage loin des terres pour ne pas être pêché.
Je ne sais pas exactement quand mon ainé a commencé à s'intéresser à la "géographie". Comme bien souvent quand on essaie d'établir des frontières entre les disciplines, de mettre des étiquettes sur les apprentissages, c'est le flou total !
L'enfant cherche à se repérer dans son monde dès sa plus tendre enfance. Serait-il un petit géographe inné? Sans aucun doute. Tout comme il est naturellement explorateur, scientifique, chercheur, bref un être avide de connaissances, qui cherche à faire du sens de ce qui l'entoure.

Mais, je m'égare (ou pas !)

Prenons la découverte de la terre par exemple.
Je pense que mon fils s'y est intéressé vers 3 ans/3 ans et demi. Il aimait observer la lune et d'observation en question, de lecture en discussion, on en est venu à parler de la terre. Il a voulu savoir, comprendre ce que c'était. Nous avons alors regardé des photographies de la terre vue de l'espace et sorti le globe lisse et rugueux Montessorien. Il est on ne peut plus pratique pour donner à l'enfant une idée de l'étendue de terre et de mer sur notre planète.
avril 2015
L'enfant n'apprend pas de façon linéaire. Tout se mélange, des liens, des connexions s'opèrent, des petites pièces de puzzles s'imbriquent les unes dans les autres. L'enfant glane des infos à droite à gauche, parfois il ne les mémorise voire ne les comprend pas dans l'instant, mais il en garde des impressions. Puis elles font sens un peu plus tard, à la lumière d'une autre découverte, d'une autre expérience.
octobre 2015, expérience soleil/terre
Comme pour tous les apprentissages, nous n'avons aucun programme défini pour la découverte de la géographie. Après sa découverte de la terre, mon fils a découvert peu à peu les continents, non pas par le globe des continents, mais par des livres sur les bébés et monuments du monde que nous avions à la maison ou encore des magazines pour enfants qui montrent souvent des planisphères colorés pour indiquer où vit l'animal en question ou encore où se trouvent tel monument ou ville.
Il repérait alors les continents sur un planisphère que nous avions à la maison et c'est à ce moment là que j'ai mis à sa disposition le globe des continents Montessori, pour qu'il puisse y trouver les réponses à ses questions et organiser ses connaissances de façon pratique (le code couleur aidant l'enfant à se repérer facilement).
Janvier 2016. E., découvre à son tour le globe des continents.
Sans aucun programme, d'où peuvent venir les connaissances ? D'absolument n'importe où.
Comment les connaissances s'organisent-elles ? Jamais de la même façon.
Qu'en fait l'enfant ? Jamais la même chose.
Et c'est tout ça, finalement, qui est absolument magique.

Par exemple le mois dernier, j'écoutais un concert de Simon and Garfunkel à Central Parks. Mon fils m'a posé des questions sur la musique et en lui donnant le nom de l'album il a évidemment voulu savoir ce qu'était Central Parks, où ça se trouvait etc.
Il connaissait déja l'Amérique du Nord et d'autres choses sur les USA, donc ces informations sont venues s'ajouter aux autres. Il a fait un lien avec le Golden Gate Bridge (qui le passionne depuis longtemps, puisque c'est comme ça qu'on appelle son pont Brio), il est allé le chercher et j'ai alors dans la foulée mis à sa disposition des cartes ou figurines des divers choses qu'on venait d'évoquer (je procède toujours ainsi, je pars d'une question, d'un intérêt pour apporter du matériel) Il a décidé d'associer des éléments entre eux, de construire des gratte-ciels et a fait sa propre représentation de New-York. Car oui, c'est en jouant, en manipulant que l'enfant va parfaire ses connaissances.
Février 2016, Liberty Island et les gratte-ciels de New York.
Les connaissances géographiques se construisent donc de plein de manières différentes. De simples récits peuvent bien sûr apporter des connaissances, même si dans un premier temps totalement "abstraites". M. aime nous écouter raconter des histoires d'anciens voyages, voir sur les cartes ou le globe où nous sommes allés. Il aime voir où vit tel animal ou où se trouve tel monument qu'il découvre dans un livre par exemple. Et ajoute souvent "et on pourra y aller, nous?"
L'enfant va également découvrir et retenir des informations en faisant et refaisant un puzzle qui l'intéresse. Le puzzle des animaux du monde a été offert à mon fils à Noël dernier, comme il s'intéressait et aux animaux et aux continents. Depuis, lui autant que sa soeur, connaissent absolument tous les animaux dessus et leur lieu de vie.
J'ai également distribué petit à petit les cartes (Nathan) des coffrets du monde, au détour d'une lecture ou découverte. Il est intéressant de noter, que naturellement l'enfant trie, classe, met de l'ordre dans ses idées. En ce moment, M. peut y passer 2h par jour!

La géographie se "vit" bien entendu sur le terrain. Au fur à mesure qu'il voyage, l'enfant va découvrir la mer, l'océan, prendre conscience des distances, des différents pays et cultures.
Il nous faut plus de 6 heures pour aller voir l'océan en voiture...
... mais environ 4 heures pour aller à la mer 
Nous n'avons jamais cherché à occuper nos enfants lors de trajets en voiture, qu'ils durent 4h ou 7h. Nous nous contentons de parler, écouter la musique, chanter, manger, dormir... Regarder par la fenêtre et observer, découvrir le monde. Les enfants observent lorsque nous passons sur un pont au-dessus du Rhône...mais aussi les différents reliefs, posent des questions (ou pas).
Au cours de ses promenades ou voyages, l'enfant va pouvoir voir la mer, découvrir la forme du volcan, du plateau (à Gergovie), d'une vallée...
Au bord du lac de Guéry (octobre 2015)
Apprendre à différencier un lac d'une rivière et vivre, s'imprégner de toutes ces notions dans la réalité (si possible!) avant d'approfondir à travers d'autres supports.
Puy de Dôme, août 2015.
L'enfant va alors faire ses propres représentations et cartes du monde. Car la géographie passe aussi par les plans, l'orientation, le repérage dans l'espace. Les enfants ont découvert les plans en allant dans un parc d'attractions, ils ont été réellement passionnés et très amusés de faire ces "mises en paires" géantes, d'associer un dessin miniature à une attraction réelle, grandeur nature. Ils sont habitués à observer des plans et suivre des itinéraires, grâce à la randonnée et c'est un concept qui leur plaît beaucoup, car il s'apparente à une chasse au trésor!
étude du parcours dans la voiture
Puis il y a eu bien entendu les plans de notre future maison... que M. coloriait il y a plus d'un an et qui l'ont conduit à réaliser des plans de maison en 3D avec des cubes ou au crayon, à la craie, en 2D.
un couloir qui mène à la cuisine, juillet 2015.
plan de notre maison actuelle
des voitures accédant par la route au Plateau de Gergovie (octobre 2015)
"chemin à suivre, qui mène à une surprise" (dans sa chambre)
Toutes ces compétences se construisent et s'ordonnent petit à petit, naturellement.
Toujours en observant, en posant des questions et en réfléchissant à nos réponses, notre fils a déduit que le soleil se lèvait à l'est, mais surtout il sait toujours, instinctivement, trouver le nord. Il est sa propre boussole. Et notre fille fait à présent la même chose :)
"Bâtons de directions" pour que les astronautes ne se perdent pas dans l'espace
Pour acquérir des connaissances géographiques (ou autres), il n'y a donc rien de mieux que l'expérience, le contact direct avec l'objet d'"étude". Le matériel n'est là que pour accompagner, approfondir, mettre en lumière ou manipuler et permettre à l'enfant de le faire sien (car il est difficile de se transporter à New-York pour voir la statue de la liberté...)

Comme pour tout apprentissage il y a mille façons d'aborder une notion, chaque enfant va acquérir des connaissances à sa façon et traitera les mêmes informations différemment. Il utilisera également différents "langages" pour mettre en lumière ses découvertes; ceux qui parlent le plus à son coeur en fonction de son âge et du moment (construction, dessin, chant ou autre...)

Représentation du Puy de Dôme, septembre 2015.

"La connaissance s'acquiert par l'expérience, tout le reste n'est que de l'information"
Albert Einstein.

6 commentaires:

  1. Tes photos sont superbes ... et j'adore ton petit poisson!! Tu crois vraiment qu'on a besoin d'aller en éveil après des séances comme ça ??? ;-)))

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    1. Merci! Mon petit poisson est un cadeau de Tangram, ma fille en est fan! Heureusement on en a 3, de quoi satisfaire tout le monde ;-)
      Je sors ma carte Joker pour ta question !! ;-)

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  2. Merci beaucoup pour cet article; j'aime beaucoup le côté détendu ... pas de mise en scène compliquée, mais du quotidien !

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    1. Oui quand l'adulte se détend justement, je crois qu'il est en mesure d'observer combien le quotidien se suffit justement à lui -même ! ;-)

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  3. Oh la la ton article me parle tellement. J'adore ton état d'esprit ta façon de pensée. Je suis entièrement convaincue par les apprentissages autonomes (malgré des doutes qui me submergent parfois dans les moments bas) mais je crois que si je devais te rencontrer et en parler avec toi je serais convaincue a 200% tu as un lâchée prise que je n'est pas encore atteint. Il m'arrive souvent de me dire que si Célio aurait été à l'école il aurait appris ça ça ça, et à côté de ça je zappe ce qu'il a appris en restant à la maison et qu'il n'aurait pas vu à l'école. Bref je tente de cheminer du mieux que je peux sur le chemin du lâcher prise et me dire que s'il apprend à côté à 6 ans tampis. Mais c'est parfois difficile. Je suis très sensible au regarde des autres ( traumatisme d'enfance sans doute : ma maman nous disait souvent arrêt tout le monde te regarde t'es pas belle quand tu pleures). J'ai guéri certaines blessures mais il me reste encore du chemin pour le laisser allé dans la direction qu'il souhaite.

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    1. Ca c'est sûr que mes convictions restent inébranlables hélas, les évolutions autour de l'IEF , sa règlementation et ses nouveautés font qu'en ces temps il est difficile de ne pas avoir de moments bas ou de doutes.. Pas sur ce que nous faisons, ni sur nos motivations... mais sur ce qu'il pourrait se passer si notre façon de faire ne convient pas.. C'est fou quand même, j'ai encore eu la preuve à Vulcania que mon fils même s'il ne remplit pas des cahiers et n'a pas de traces écrites de ses apprentissages apprend bel et bien: il s'est avancé écouter la visite d'un groupe scolaires d'enfants de 12/13 ans et a répondu aux questions de l'animateur !! (il était capable de répondre à toutes les questions...) Il a 5 ans .. mais il est passionné de volcans ! J'espère que tu vas continuer d'avancer sur le chemin de guérison des blessures, c'est parfois long.. mais ça vient toujours (je sais de quoi je parle !!) xx

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