dimanche 24 avril 2016

Le processus, pas le résultat (où l'art de vivre l'instant présent)

L'autre jour les enfants se sont installés à la table pour dessiner.
Ils n'y allaient pas avec une intention particulière (cela leur arrive, mais ce jour-là non). C'était juste pour le plaisir de laisser des "traces" et voir où les crayons allaient les emmener cette fois-ci.


M. dessine un soleil (c'est d'ailleurs la première fois qu'il fait un soleil jaune)
E. fait des traits.


Rapidement, chacun se met à raconter ce qu'il fait. Il y a le soleil d'un côté, puis des "araignées sur un fil" de l'autre. Ils sont alors chacun dans leur univers propre et commentent plus pour eux-mêmes (comme lorsqu'ils jouent) plutôt que pour un auditoire. Je ne sais même pas s'ils ont seulement conscience de l'autre à ce moment-là tellement chacun est absorbé par ce qu'il fait.
En bougeant son crayon, E. explique que l'araignée bouge ses pattes et elle imite le mouvement avec sa main libre :-)


M. explique qu'"on voit bien le soleil car il fait jour" et en même temps il ajoute le bleu du ciel.
Puis il dit que la "nuit va tomber" et prend son crayon noir.
De paroles en gestes, le dessin prend forme. Cette fois l'intention est là, le plaisir palpable.


E. dit qu'"on va voir de la lumière de lave dans la nuit" et décide de faire un volcan en éruption. A chaque "trait de lave" elle explique comment "la lave va de plus en plus haut et touchera bientôt le soleil"!
(oui, la lave peut être bleue)

Puis viennent les bruitages d'explosions à chaque trait qui va de plus en plus haut. En même temps le noir recouvre tout ce soleil et tout ce bleu que M. avait pris soin de dessiner et colorier.
Les enfants mélangent alors leur univers, rient ensemble, imaginent ensemble, créent ensemble. Et moi j'assiste silencieuse à ce moment magique de création, je me fais toute petite et je profite (je vole quelques photos au passage aussi...)


Voilà qui illustre parfaitement comment l'enfant, à la base, est intéressé par le processus de création en lui-même. Il ne cherche pas à obtenir un résultat, un produit fini. Il vit à fond et profite de chaque instant de création et se fiche de savoir à quoi ressemblera le "produit définitif". Il ne se projette pas, il est ici et maintenant. D'ailleurs il ne recherche pas non plus de résultat final "esthétique" particulier. M. n'a pas hésité à complètement "gribouiller" de noir son dessin pour vivre à fond son expérience de reproduction de la nuit qui tombe avec le ciel qui s'assombrit jusqu'à devenir complètement noir et le soleil qui disparaît du ciel, littéralement voilé par l'obscurité.
Voilà ce qui a marqué la "fin" de son dessin. La nuit est tombée. Ce n'est certainement pas parce qu'il a jugé avoir devant lui un produit suffisamment "esthétique" pour être montré et apprécié des autres. Non, la séance s'est arrêtée parce que l'expérience qu'il vivait avec tous ses sens a naturellement pris fin. Le processus était terminé.

Une fois fini, les enfants ont d'ailleurs laissé leur dessin en plan, dans l'état, et n'en ont plus parlé. Comme s'ils l'avaient complètement oublié, ils sont passés à une autre occupation qui les a tout autant absorbés et passionnés.
Ils avaient vécu ce moment de création libre à 200% et étaient déja en train de vivre une autre aventure. A quoi bon s'attarder dessus?

la nuit a bel et bien remplacé le jour et l'éruption est terminée.

Ils n'ont pas eu envie de "signer" leur dessin, de le dater, l'afficher, l'offrir ou je ne sais quel autre sort l'adulte pourrait penser lui réserver...
Non, rien de tout ça.
Tout comme ils n'avaient rien prévu en s'installant pour dessiner, ils n'ont rien prévu pour leur dessin une fois terminé.
Ils vivent l'instant présent, totalement. Et ça, c'est vraiment une leçon de vie que les enfants nous donnent chaque jour.


En attendant, moi, j'hésite quand même à le jeter ! ;-) 

vendredi 22 avril 2016

Des livres qui nous ressemblent.

Je ne parle pas souvent de nos livres et pourtant il y en a plein la maison tellement j'aime les livres et que je suis terriblement faible quand il s'agit d'en acheter.. Ils font partie intégrante de notre vie depuis toujours (j'ai commencé la lecture à mes enfants quand ils étaient dans mon ventre) et les enfants passent énormément de temps à lire chaque jour.

J'avais envie de présenter quelques livres qui nous parlent particulièrement en ce moment.
Des livres simples, joliment illustrés, plutôt réalistes et qui ont tous un point commun: montrer des enfants qui jouent et surtout qui jouent dehors. A chaque fois que je les lis je ne peux m'empêcher d'y voir mes enfants :)

Bringing the Outside In, Mary McKenna Siddals

Je n'ai pas trouvé de version française pour celui-ci et ça tombe bien, j'aime bien ajouter des livres anglophones à notre bibliothèque de temps en temps. Nous suivons des enfants qui jouent dehors au fil des saisons, Ils sautent dans les feuilles d'automne, jouent dans la neige, sur la plage... Bref, une invitation à jouer dehors par tous les temps, parfait :)

On a vraiment envie de se joindre à eux, non? 

Une Journée Parfaite, Danny Parker, Freya Blackwood

Nous avons ce livre depuis quelques mois et il me fait vraiment penser au programme de nos journées! Des enfants en liberté qui passent une "journée parfaite". Journée ponctuée d'instants simples mais tellement précieux passés ensemble. Ce que ces enfants font pourrait paraître anodin, pourtant quoi de plus important?... Tout y est:
dessin
cuisine
escalade dans les arbres
trou dans la terre (une des occupations de M. ces jours!)
Regarder la pluie tomber par la fenêtre après avoir construit avec des blocs (ça me rappelle quelqu'un encore)
cododo ;-)
Les illustrations sont sublimes et les mots juste comme il faut. Un vrai bijou.

Jouets des champs, Anne Crausaz
Ce livre est en réalité un ancien coup de coeur mais on ne s'en lasse pas. J'en avais déja parlé ici.
C'est l'histoire d'une mère et de son fils qui partent à l'aventure dehors et s'amusent au passage à fabriquer des "jouets des champs"...

Ils fabriquent des radeaux, hélicoptères et poupées coquelicot (mon papa nous faisait les mêmes ;-))
L'histoire de la lune qu'on voit en plein jour m'a aussi ramenée à mes enfants puisque depuis que mon fils est tout petit, il cherche la lune tous les jours dans le ciel et grâce à lui je suis redevenue consciente de sa présence.

Comme à chacune des pages de ces livres finalement, je réalise à quel point cela fait du bien de s'émerveiller à nouveau de ces petits bonheurs quotidiens... Qu'il s'agisse du plaisir simple de regarder la pluie tomber par la fenêtre, observer la lune, être dans la nature.
Pour cela je ne serai jamais assez reconnaissante envers mes enfants de m'avoir offert ce nouveau regard sur le monde qui nous entoure.
Je vois à nouveau le monde à travers mes yeux de petite fille, et ça fait un bien fou <3

jeudi 14 avril 2016

vacances... studieuses #2


Il y a quinze jours j'étais en formation dans le Lubéron. Comme je ne voyais pas de raison d'être la seule à "travailler" j'avais concocté un petit programme pour les enfants...
Au programme donc:
Zoologie:
Botanique:
(jardins de Salagon)
Géographie:
Mécanique des fluides:
Graphisme:
Lecture:
Architecture:
Sport:
escalade..
yoga..
cyclisme
natation..
Mais NOOOOOOON, je plaisante !! (ah ah ah, je sais je suis trop drôle, que voulez-vous, le printemps et ce beau soleil me mettent d'humeur joyeuse) 
Tout ça, c'est juste la vie qui suit son cours, les expériences ou apprentissages naturels (les deux s'entrelaçant forcément) qui se font chaque jour. 

Les enfants se sont encore une fois bien amusés! (merci à papa de leur avoir permis d'explorer cette si belle région)
J'ai tout de même pu les accompagner au Colorado de Rustrel et j'y tenais! Nous devions y aller avec leur papa quand nous vivions dans le sud et ce fut un plaisir d'y aller finalement des années après mais avec nos enfants ;-)
Il y a aussi eu une partie de chasse aux oeufs dans un décor nouveau.
M. a également appris à jouer aux dames. C'est un jeu qui m'a toujours passionnée, et comme souvent, il ne m'était pas venu à l'idée d'"apprendre" à mon fils de moins de 5 ans à y jouer. 
Il se trouve qu' il y avait une malette de jeux au gîte et naturellement il a voulu explorer les différents jeux et... voila... Le déclic! A nous les parties de Dames !!

Et moi dans tout ça? 
Si, les fois d'avant, mes formations me faisaient me "prendre la tête", il n'en fut rien cette fois-ci (ou au moins pas pour les mêmes raisons).
A présent je n'ai plus de doutes, je suis à 200% pour les apprentissages autonomes.
Ce n'est pas vraiment une nouveauté dans les faits, puisque les enfants ont toujours été en apprentissages autonomes, mais comme quelques fois pour répondre à des intérêts j'avais utilisé du matériel Montessori et que cette pédagogie me passionne, il m'avait plusieurs fois traversé l'esprit de faire du "homeschooling façon Montessori".
Cette fois-ci, l'immersion dans la formation et la rencontre de personnes formidables faisant pour la plupart l'IEF avec Montessori ne m'ont pas donné envie de changer d'avis, ni même fait réfléchir à imaginer changer d'avis (voyez-vous la nuance? Mon esprit torturé par le passé, la voit, lui)
Nous sommes réellement dans une démarche "unschooling" (s'il fallait lui mettre une étiquette) qui va bien au-delà d'une méthode d"instruction" quelconque. C'est vraiment une façon de vivre et d'être beaucoup plus globale qui nous correspond totalement sur tous les plans.  J'espère donc que nous pourrons continuer à vivre suivant ce choix, sereinement.

Et sinon, M. a ramené des "devoirs" de vacances ;-)
Ici il a construit "le clocher de Forcalquier avec autour le vieux village de Forcalquier"
Et à Mane, les enfants ont discuté avec un monsieur qui travaillait sur la construction d'un mur (cf. "Architecture" un peu plus haut. Ses enfants avaient fait l'IEF avec Montessori, comme quoi le monde est petit :)) du coup M. a voulu le reproduire à sa façon une fois rentré chez lui.
Quoi, quoi? Ce ne sont pas des devoirs ça? Décidément, je ne suis vraiment pas drôle moi ;-)
A bientôt!