dimanche 11 décembre 2016

Les gens comme nous

Il nous est arrivé une "mésaventure" au parc il y a plusieurs semaines.


Nous étions seules, ma fille et moi, dans une aire de jeux où nous allons souvent. Ma fille jouait dans une grande "tour" avec toboggan. Elle était dans son petit monde et jouait au cheval en s'inventant des histoires (elle dit généralement que c'est son box).
Quand... arrive une petite fille de son âge avec sa grand-mère. La petite fille monte dans la tour, ma fille se déplace et "bouche" la sortie qui permet de redescendre en glissant sur le toboggan en déclarant "je fais barrière".
J'observe, mais n'interviens pas.
J'aime voir comment les enfants s'en sortent seuls, sans l'intervention (souvent à outrance) de l'adulte.
N'est-ce pas par le jeu et les relations aux autres que les enfants apprennent la sacro-sainte socialisation .. ?

La petite n'a même pas le temps d'exprimer quoi que ce soit que la grand-mère dit d'un ton sec à ma fille : "Non, non, non tu te pousses, on veut passer". .
Personne ne se plaignait, ma fille n'a "menacé" personne juste bougé à un endroit, où à ce moment il n'y avait personne et dit qu'elle faisait (certes physiquement) une barrière. D'ailleurs, avant que la mamie et sa petite fille n'arrivent, ma fille parlait seule, et là elle avait parlé de barrière en les voyant arriver, mais pas en s'adressant directement à elles.
Je précise qu'une fois dans la structure il y a trois endroits possibles où aller. La petite fille n'avait pas exprimé le souhait d'aller où se trouvait ma fille (d'ailleurs cette petite fille n'avait visiblement pas l'espace physique ou sonore d'exprimer quoi que ce soit...)

Bref, il y a eu zéro échange de paroles...
La grand-mère a fait peur à ma fille en parlant un peu fort et en imposant physiquement sa présence un peu trop près d'elle, ce qui a eu pour effet de lui donner l'envie de rester ... en barrière.  Certainement aussi qu'elle était intimidée et paralysée de voir surgir cette dame inconnue qui parlait sèchement et un peu fort, et qui visiblement ne l'appréciait pas ! Elle qui était à jouer et chanter seule quelques minutes avant... Je me lève alors et approche mais je ne peux même pas m'adresser à ma fille, la grand-mère parlait encore, "allez tu te pousses on veut passer maintenant" (sur un ton sec et tout sauf cordial) Ma fille finit par se pousser en lançant un regard vers la petite fille qui n'a toujours pas ouvert la bouche (elles ont alors le même âge, environ 3 ans ...) la petite fille glisse sur le toboggan et s'en va, guidée par sa grand-mère sur la structure d'à côté.


Ma fille reprend ses esprits, glisse à son tour du toboggan et ni une ni deux, la voilà sur la structure d'à côté elle aussi. C'est une structure avec plusieurs parcours en bois surélevés, type "accrobranche", mais à moins d'un mètre du sol. Ma fille va sur un parcours, la grand-mère guide sa petite fille sur un autre. Puis le moment arrive où la petite fille et sa grand-mère arrivent vers le côté où se trouve ma fille.
Ma fille s'arrête alors au bout et lance "je fais barrière". La petite fille se trouve alors à au moins trois mètres puisqu'elle ne s'est pas encore engagée sur la structure adjacente. Elle ne dit rien mais la grand-mère s'écrie "non, non tu vas te pousser, ça suffit maintenant" !
Alertée par ce qui venait de se passer au toboggan, je m'étais approchée cette fois-ci. J' interviens doucement auprès de ma fille pour tenter de comprendre son jeu: "Tu fais la barrière?"
Ma fille n'a même pas le temps de me répondre que la grand-mère intervient et nous coupe "oui oui elle faisait déja pareil tout à l'heure au toboggan". Ma fille commence à se paralyser, la grand-mère et la petite fille ont entre temps eu le temps d'arriver à hauteur de ma fille. La petite fille ne semble pas gênée par ma fille. Elle pourrait faire demi-tour, elle pourrait la contourner, elle pourrait même (soyons fous!) lui demander de se pousser, lui dire qu'elle la gêne. Non, elle ne peut rien dire. La grand-mère s'énerve avant même que tout échange ne puisse avoir lieu.
"Allez enlève toi maintenant ça suffit". Ma fille n'ayant pas l'habitude qu'on lui parle de la sorte, se crispe, elle tremble (!), elle a peur et est choquée.
Je me baisse et la regarde, la dame est carrément collée à moi ! Je n'ai pas non plus mon espace, c'est très désagrable, je n'ose même pas imaginer ce que ma fille ressent... Je lui parle en essayant d'ignorer la grand-mère... "E. je crois que la petite fille a envie de passer, tu veux bien te décaler, s'il te plaît?" Ma fille me regarde, elle semble m'écouter, mais ni une ni deux la grand-mère intervient: "Mais vous allez l'enlever oui , c'est pas possible c'était déja pareil tout à l'heure, on ne vient pas ici pour se faire embêter !!"
Je me tourne vers la dame, "Je peux parler à ma fille sans que vous ne nous coupiez?"
-Mais vous voyez bien que ça ne marche pas ! Elle ne vous écoute pas !
-Evidemment vous êtes là à commenter et lui faire peur, elle n'a pas l'habitude qu'on lui parle comme ça"
J'essaie de nouveau de parler à ma fille (ça a l'air long comme ça par écrit, mais en réalité ça n'a pas duré plus de deux minutes...) et là la dame bouge et commence à prendre le bras de ma fille pour la faire descendre !
Mon sang ne fait qu'un tour et je tente de rester calme mais parle un peu vite, et sûrement un peu fort. "Vous ne touchez pas ma fille !"
"Mais elle nous embête depuis tout à l'heure, y en a assez maintenant, ça suffit de se faire embêter quand on vient au parc, à un moment il faut qu'ils obéissent visiblement ça ne marche pas avec vous, vous ne faites rien." (ah oui, usons donc de la force, ça marche tellement bien !)
Ma fille est alors partie se cacher en pleurs derrière un jeu ! L'autre petite fille ne dit rien, elle n'a toujours pas ouvert la bouche depuis qu'elle est arrivée au parc...
Je tente d'expliquer à la grand-mère que SI, je FAIS:  je PARLE, j'OBSERVE, j'essaie de COMPRENDRE.
Je fais confiance à ma fille et pars du principe que si elle fait un jeu, un test de jouer à être une barrière et de le dire devant des gens qu'elle ne connaît pas, il y a une raison.
J'estime que je n'ai pas à intervenir si elle ne dérange pas la personne en train de jouer près d'elle. Ici elle ne dérangeait pas la petite fille, qui est censée être celle qui s'amuse... Elle "dérangeait" sa grand-mère. Pourquoi ? Je l'ignore, je ne l'ai toujours pas compris... Apparemment son idée de jouer au parc consiste à guider sa petite fille sur toutes les structures, sans savoir ce qu'elle a envie de faire, sans lui permettre de faire ses propres expériences ou d'aller à la rencontre des autres... Je trouve cela terriblement triste.


S'ensuit une conversation totalement inutile. Enervée qu'on ait physiquement bougé ma fille je perds patience. Je sens bien que ça n'est pas constructif, la dame crie et me dit que déja au toboggan "je n'ai rien fait" et que là ma fille recommence, qu'elle verra quand elle sera à l'école (seriously?) qu'il faudra bien qu'elle obéisse... J'ai tenté de lui demander si elle connaissait les enfants, si elle avait essayé de comprendre. Non, non. Elle estime qu'après une journée de travail, elle n'a pas à attendre (même pas deux secondes visiblement ...)
Bref, comme le ton monte le grand-père intervient et c'est là qu'il lance:
"Allez, arrêtez madame, ça suffit, on en a assez des gens comme vous, on les connaît bien, on a affaire à eux tous les jours !
-Pardon ? Les "gens comme moi" ? C'est quoi ? Les gens qui respectent leurs enfants ?"
Lui aussi me parle d'école, de règles... J'en viens à lui dire que je travaille aussi avec les enfants. Je lui parle de VEO, ça n'évoque visiblement rien pour lui... Il se trouve que j'ai avec moi un Kaizen hors-série "Pour une enfance joyeuse", je leur propose de leur laisser en lecture, ils refusent catégoriquement en me fuyant alors.
J'ai entre temps repris mes esprits et suis pourtant très calme et zen, je leur dis alors "mais vous ne pouvez pas intervenir auprès de ma fille, lui manquer de respect, la prendre par le bras et espérer ensuite que je ne vais rien dire"

Mon mari arrive, je lui raconte ce qui vient de se passer, il demande donc des explications sur "les gens comme nous". Le grand-père bredouille une excuse bidon puis discute calmement avec lui. Il semble rassuré en apprenant qu'il est lui aussi enseignant... Sa femme continue de dire des choses incohérentes en criant à moitié, il lui lance "Calme toi, ces gens sont aussi dans l'enseignement". (?)
Du statut de "Cassos laxiste", je suis apparemment devenue quelqu'un de "respectable" à ses yeux ... car je suis enseignante, comme lui. Même si visiblement nous n'avons pas du tout mais alors pas du tout la même vision de l'éducation ni de l'enfant.
Le grand-père continue de discuter avec mon mari et la grand-mère nous évite de peur que je ne lui parle. Elle part s'isoler sur un banc plus loin, ce qui laisse la liberté à la petite fille d'enfourcher son vélo... et devinez quoi? Elle tourne sur la piste cyclable avec ma fille et mon fils et ... elle leur parle, très amicalement.
Ils tournent ensemble, discutent et rigolent. Bref, jouent ensemble comme le font généralement naturellement les enfants quand on leur laisse la liberté de le faire.
Je ne peux m'empêcher de penser "quel gâchis". La grand-mère, elle, reste sur sa position, isolée...

Et bien Monsieur, Madame, sachez en tout cas que des "gens comme nous", j'espère de tout coeur en croiser davantage et d'ailleurs je suis ravie de voir qu'il y en a de plus en plus , mais quand bien même, la prochaine fois, n'hésitez surtout pas à passer votre chemin ...


Ce qui m'inquiète le plus dans cette histoire, c'est de savoir que des enfants sont confiés à des "gens comme eux" chaque jour... Des gens qui encore à notre époque pensent que l'adulte a toujours raison, que l'enfant doit lui "obéir" sans réfléchir et surtout s'exécuter immédiatement.
Ma fille a passé un sale moment, mais elle, elle sait qu'elle a droit à autant de respect qu'un adulte et nous avons pu débriefer tranquillement le soir.
Qu'en aura retenu l'autre petite fille ? Qu'elle doit faire tout ce que sa grand-mère lui dit ? Obéir aux adultes même si elle ne comprend pas pourquoi ? Qu'elle n'est pas "capable" d'interagir ou négocier avec un autre enfant sans l'aide d'un adulte ? Que ses envies et sentiments ne sont pas importants ?

Les "gens comme eux" pensent que les enfants ne sont pas capables d'exprimer leurs envies, leurs souhaits ou d'interagir avec d'autres enfants. Qu'ils sont incapables de résoudre un conflit (et ici, il n'y avait même pas de conflit !) ou de trouver des solutions par eux-mêmes, ce qui pourtant est très constructif et développe en plus la créativité ...
En essayant de résoudre un conflit, sous le regard d'un adulte respectueux et non-interventionniste, l'enfant peut apprendre des autres, prendre confiance en lui et ses capacités, apprendre à négocier et se construire en relation avec l'autre, bref il peut grandir en étant acteur de sa propre éducation.

Quant à ma fille et son jeu de barrière, et bien elle l'a refait quelques temps après avec un autre enfant, qui lui a dit en rigolant:
 "Barrière, ouvre toi !"
...et devinez quoi !
Ma fille s'est poussée, avec le sourire !

Oui, c'est un bien beau gâchis quand au nom de la "socialisation" on empêche précisément les enfants de socialiser.

mardi 16 août 2016

Notre semaine en images (33/16)

M. a ressorti ses voitures de quand il avait deux ans ! 

E. , en dessin libre comme son frère, se fait sa petite "progression de graphisme" perso, c'était la première fois qu'elle faisait ces courbes type "arc-en-ciel" (inspiration Grimm's? ;-))

Dessin à la craie sur le poteau de la tonnelle, qu'on prend plaisir à laver à l'éponge.

Un peu de musique...

Des jeux, encore des jeux, surtout de construction.
"une maison"
"un magasin de fruits" (E.)

Des choses non prenables en photo: M. se fait du calcul mental, souvent le soir avant de dormir il va s'écrier: "deux fois dix ça fait vingt", ou encore chercher plusieurs façons d'arriver à 5: "2 plus 2 plus 1 ça fait 5", "4 plus 1 ça fait 5", "5 fois 1, ça fait 5".

Du vélo et des parcours santé, le matin à la fraîche 

Une journée "fête du cheval", pour notre amoureuse d'équidés, qui était enchantée :)

Des randonnées:
Au lac Pavin, un "lac cratère", dont M. a tenu à faire le tour, et E., 3 ans, a mis un point d'honneur à ne pas se faire porter une seule seconde ;-) L'occasion de jouer, explorer, s'inventer des histoires.

Petit tour également au sommet du Puy de la Perdrix au Sancy, par une après-midi très venteuse !

Des sorties qui donnent à chaque fois lieu ... à d'autres jeux, ici la construction d'un volcan dans le sable, étonnant ;-)

jeudi 4 août 2016

Vacances à Prads

Petit retour sur nos vacances dans les Alpes de Haute Provence fin juillet. J'y étais pour ma part en formation et n'ai donc pas pu profiter à temps plein, mais cette formation était très enrichissante sur le plan personnel et se déroulait dans un cadre idyllique !


J'ai pu visiter le musée promenade, superbe musée qui comme son nom l'indique se trouve en pleine nature et où l'on peut notamment voir des oeuvres d'Andy Goldsworty (que j'adore !) et les ammonites n'ont plus aucun secret pour personne ;-)

dalle à ammonites

Les enfants ont pu faire tout ce qu'ils adorent... c'est à dire jouer, explorer et découvrir de nouveaux endroits, de nouvelles choses mais également rencontrer de nouvelles personnes. Je ne pense pas qu'il y ait besoin d'expliquer davantage mon adage préféré disant que "vivre, c'est apprendre". Chaque nouvelle journée apportant tellement de richesses imprévues, voire insoupçonnées ...
Les enfants ont surtout joué dans la rivière où ils ont pu se dépasser physiquement tout en inventant plein de jeux et histoires. J'aime voir à quel point la motricité libre leur apporte confiance en eux et leurs capacités physiques.


Ils ont construit des cairns mais aussi des barrages et même fait du cheval au milieu de la rivière ;-)


Ils ont également randonné...


... et fait de belles rencontres.


A chaque vacance, j'allège les "jeux" que nous apportons, me rendant compte que les enfants n'en utilisent pas le quart. Je pense avoir atteint un bon équilibre, car cette fois nous avions simplement apporté du papier et des crayons, un jeu de cartes de volcans, quelques livres, une balle et un planeur, ce qui a largement suffi pour le peu de temps qu'ils passaient au camping ;-)

Les petits explorateurs sont prêts à repartir, mais ça ne sera pas avant la fin des travaux de notre nouvelle maison... Patience, patience !

mardi 5 juillet 2016

5 ans.


5 ans que tu as fait de moi une maman et que j'ai le plaisir de te voir grandir chaque jour.

Cette année à confirmé pour nous qu'il n'y avait rien de plus beau que de te voir grandir, découvrir, t'épanouir à ton rythme...

Te voir profiter de chaque nouvelle journée pour explorer un jeu, un endroit, un thème qui te tient à coeur est un pur bonheur.

Cette année, tu as appris à faire du vélo. Enfin appris... cela s'est fait naturellement, comme le reste... Papa croyait avoir des choses à te dire ou te montrer, mais non tu es parti seul au bout de 2 démarrages en 30 secondes chrono et depuis des mois tu ne quittes plus ton vélo et file telle une flèche où bon te semble.

Cette année, tu as joué, parlé, incarné des dinosaures pendant plus de 6 mois non stop, et même si tu ne vis plus à 200% pour eux, ils font toujours partie intégrante de ton quotidien.

Tu es également passionné de volcans. Le Stromboli est ton préféré. Tu connais tous les types de volcans et éruptions et grâce à toi j'ai beaucoup appris aussi sur ce sujet passionnant (et sur tant d'autres! )
Tu aimes imiter le bruit des éruptions, les dessiner, les peindre, en faire avec des foulards.

Tu aimes les tomates cerises que tu avales telles des friandises.

La couleur verte est ta préférée.

Tu aimes escalader les arbres, faire des cabanes et des bulles de savon.

Tu joues tantôt à être un joueur de tennis, un dinosaure (de préférence carnivore), un bébé ou encore Harry Potter. Tes jeux sont sans limites.

Tu aimes toujours autant construire, avec tout ce qui te passe sous la main. Et même que maintenant ta soeur a parfois le droit de construire avec toi :)

Tu aimes la musique et peux passer plus d'une heure dans ta bulle à écouter et analyser la musique.
Tu me dessines des partitions pour que je les joue à la guitare et quand tu as décidé de jouer une basse d'Alberti comme moi, tu as mis deux jours mais tu as réussi ! 

Tu pourrais lire Harry Potter pendant des heures, d'ailleurs tu le fais chaque soir. C'est un bonheur de revivre ces aventures avec toi, tellement cette saga a été importante pour moi (et ton papa)

Tu as appris à lire cette année, tout seul. Et même que quand j'ai voulu m'en mêler, j'ai vite compris qu'il ne valait mieux pas :)

Tu ne veux pas nous faire de bisous, ni qu'on t'en fasse. C'est un peu difficile pour nous qui t'aimons tant, mais nous respectons tes choix et apprécions encore plus quand tu viens te lover vers nous ou que tu me demandes de masser le dos ou de mettre mon bras autour de toi pendant qu'on lit.

Tu es tellement sensible et fort à la fois, appréhensif parfois, mais tellement déterminé.
Tu as un humour sans pareille et une imagination débordante.

Tu parais plus grand que ton âge, tant par ta taille, ton comportement ou encore tes questionnements et ta vision des choses.

Tu es fin observateur et peux poser des questions déroutantes.

Tu es unique et tellement spécial. Tu as "une âme de poète"

J'ai hâte de vivre de nouvelles aventures à tes côtés et découvrir d'autres aspects de ta personnalité.

Joyeux anniversaire mon grand garçon! <3

mercredi 22 juin 2016

3 ans.


Mon bébé a 3 ans, ça y est. Je crois qu'on peut dire que nous n'avons plus de bébé à la maison. D'ailleurs, quand il m'arrive de m'échapper et t'appeller "bébé" tu n'es pas longue à me corriger ;-)

Aujourd'hui j'aurais du retourner au travail, mais je suis tellement heureuse d'avoir pu passer cette journée à tes côtés.

Depuis l'année dernière, tu as tellement évolué et j'ai pu assister à chaque petite avancée.

Tu as pris beaucoup de centimètres en un an, mais surtout tellement d'assurance dans tout ce que tu fais!

Le rouge est ta couleur préférée, alors que l'an dernier c'était l'orange.

Tu joues souvent à être "Espace", ton poney préféré et prend grand soin de ta collection de figurines de chevaux.

Tu aimes lire avec nous mais tu peux passer des heures à lire seule et t'inventer des histoires, même en faisant parler les personnes des catalogues!

Tu comptes jusqu'à 39 et adore le nombre 14, tu es toute excitée quand tu le vois au bas d'une page ou sur un panneau.

Tu dis "CR" au lieu de "TR" et "GR" au lieu de "DR" et c'est juste trop mignon. Toi qui parle couramment depuis tes 18 mois, ce sont là les derniers vestiges de ton langage "bébé".

Tu aimes grimper aux arbres et dire que tu es Noc ou encore que tu es sur un cheval.

Tu aimes la géographie, l'Europe et les gardes de Buckingham Palace.

Tu aimes faire des bulles, de la draisienne, des puzzles, des gâteaux, jouer avec ton frère, ramasser des bâtons, courir et rire et tant d'autres choses encore.

Tu t'es sevrée naturellement il y a quelques semaines et je suis tellement fière et heureuse de cette aventure que nous avons vécue toutes les deux. Une page s'est tournée, mais je suis aussi sereine et toujours aussi fière de te voir filer vers d'autres aventures, mais pas trop vite little girl, pas trop vite...

Joyeux anniversaire! <3

dimanche 24 avril 2016

Le processus, pas le résultat (où l'art de vivre l'instant présent)

L'autre jour les enfants se sont installés à la table pour dessiner.
Ils n'y allaient pas avec une intention particulière (cela leur arrive, mais ce jour-là non). C'était juste pour le plaisir de laisser des "traces" et voir où les crayons allaient les emmener cette fois-ci.


M. dessine un soleil (c'est d'ailleurs la première fois qu'il fait un soleil jaune)
E. fait des traits.


Rapidement, chacun se met à raconter ce qu'il fait. Il y a le soleil d'un côté, puis des "araignées sur un fil" de l'autre. Ils sont alors chacun dans leur univers propre et commentent plus pour eux-mêmes (comme lorsqu'ils jouent) plutôt que pour un auditoire. Je ne sais même pas s'ils ont seulement conscience de l'autre à ce moment-là tellement chacun est absorbé par ce qu'il fait.
En bougeant son crayon, E. explique que l'araignée bouge ses pattes et elle imite le mouvement avec sa main libre :-)


M. explique qu'"on voit bien le soleil car il fait jour" et en même temps il ajoute le bleu du ciel.
Puis il dit que la "nuit va tomber" et prend son crayon noir.
De paroles en gestes, le dessin prend forme. Cette fois l'intention est là, le plaisir palpable.


E. dit qu'"on va voir de la lumière de lave dans la nuit" et décide de faire un volcan en éruption. A chaque "trait de lave" elle explique comment "la lave va de plus en plus haut et touchera bientôt le soleil"!
(oui, la lave peut être bleue)

Puis viennent les bruitages d'explosions à chaque trait qui va de plus en plus haut. En même temps le noir recouvre tout ce soleil et tout ce bleu que M. avait pris soin de dessiner et colorier.
Les enfants mélangent alors leur univers, rient ensemble, imaginent ensemble, créent ensemble. Et moi j'assiste silencieuse à ce moment magique de création, je me fais toute petite et je profite (je vole quelques photos au passage aussi...)


Voilà qui illustre parfaitement comment l'enfant, à la base, est intéressé par le processus de création en lui-même. Il ne cherche pas à obtenir un résultat, un produit fini. Il vit à fond et profite de chaque instant de création et se fiche de savoir à quoi ressemblera le "produit définitif". Il ne se projette pas, il est ici et maintenant. D'ailleurs il ne recherche pas non plus de résultat final "esthétique" particulier. M. n'a pas hésité à complètement "gribouiller" de noir son dessin pour vivre à fond son expérience de reproduction de la nuit qui tombe avec le ciel qui s'assombrit jusqu'à devenir complètement noir et le soleil qui disparaît du ciel, littéralement voilé par l'obscurité.
Voilà ce qui a marqué la "fin" de son dessin. La nuit est tombée. Ce n'est certainement pas parce qu'il a jugé avoir devant lui un produit suffisamment "esthétique" pour être montré et apprécié des autres. Non, la séance s'est arrêtée parce que l'expérience qu'il vivait avec tous ses sens a naturellement pris fin. Le processus était terminé.

Une fois fini, les enfants ont d'ailleurs laissé leur dessin en plan, dans l'état, et n'en ont plus parlé. Comme s'ils l'avaient complètement oublié, ils sont passés à une autre occupation qui les a tout autant absorbés et passionnés.
Ils avaient vécu ce moment de création libre à 200% et étaient déja en train de vivre une autre aventure. A quoi bon s'attarder dessus?

la nuit a bel et bien remplacé le jour et l'éruption est terminée.

Ils n'ont pas eu envie de "signer" leur dessin, de le dater, l'afficher, l'offrir ou je ne sais quel autre sort l'adulte pourrait penser lui réserver...
Non, rien de tout ça.
Tout comme ils n'avaient rien prévu en s'installant pour dessiner, ils n'ont rien prévu pour leur dessin une fois terminé.
Ils vivent l'instant présent, totalement. Et ça, c'est vraiment une leçon de vie que les enfants nous donnent chaque jour.


En attendant, moi, j'hésite quand même à le jeter ! ;-)