vendredi 28 avril 2017

Pourquoi le choix d'une vie sans école ?


A quelques mois de la non rentrée de mon fils à l'école primaire et après être enfin (presque) bien installés dans notre nouvelle maison, je me décide à reprendre davantage le journal de notre vie "sans école" (ou du moins à essayer...)

Alors pourquoi avons-nous fait ce choix de ne pas scolariser nos enfants ? 


Question bien vaste ... car ce choix n'était pas du tout prémédité. 
Je lis actuellement beaucoup de témoignages de parents ayant pour projet de ne pas scolariser leurs enfants quand ils seront en âge de l'être. 
Ici ça n'était pas notre cas. En fait, pour tout dire, nous n'y pensions pas vraiment. 
Prise dans le tourbillon du quotidien et ayant envie d'en savourer chaque moment, j'avais du mal à me projeter dans l'avenir et quand je le faisais je ne pensais pas à l'école. Mon mari un peu plus. Je me souviens qu'une fois il s'était dit que nos deux enfants seraient à l'école maternelle ensemble... Bien entendu à présent il me dit qu'en fait il pensait qu'ils seraient à l'école "comme tout le monde" car il n'avait jamais pris la peine d'y réfléchir. C'était pour lui alors la suite logique.

Nous sommes une famille d'enseignants. Je suis prof dans le secondaire, mon mari dans le supérieur. Mais ça n'a finalement que peu d'intérêt de préciser cela, si ce n'est que oui, les apprentissages me passionnent sous toutes leurs formes ... Mais nous n'avons pas décidé de vivre sans école parce que nous étions enseignants. Notre but n'étant pas de faire "l'école à la maison", de chercher en quelque sorte à "remplacer" l'école. 


J'ai pris un congé parental à la naissance de mon fils il y a presque 6 ans et ... j'ai redécouvert ce que c'était qu'apprendre naturellement avec plaisir!
J'ai pu observer chaque jour la beauté de ses apprentissages, totalement autonomes. Du premier jour où il a naturellement appris à respirer seul jusqu'au jour où il s'est mis debout (décidant de le faire sur une surface molle, juste au cas où...) en passant par le moment où il a parlé, chanté, couru, dansé, compté, sauté, construit une tour de cubes... La liste est si longue ! 


Il apprenait de et par son environnement, en évoluant dedans tout simplement, poussé chaque jour par une curiosité insatiable d'aller toujours plus loin, d'en savoir toujours plus sur son monde, sur LE monde.
Sa petite soeur est née deux ans après. Nous avons continué de vivre et d'apprendre ensemble au quotidien: prenant le temps d'apprendre à se connaître, à vivre tous ensemble, mais aussi en répondant chaque jour à des questions toujours plus nombreuses, en essayant de nourrir les intérêts du moment, en organisant au mieux l'environnement, en s'ouvrant chaque jour au monde extérieur et à sa richesse. 


Quelques mois avant ses trois ans, j'ai réalisé que je trouvais mon enfant encore bien petit pour partir à l'école autant de jours dans la semaine (même en y allant que des matins). Il aimait le calme, la solitude, il n'aimait pas les endroits trop bruyants. Il ne s'agissait pas tant de le "protéger" (comme j'ai pu l'entendre) que de respecter sa nature profonde et la façon dont il s'épanouissait le mieux.
C'était un "gros" dormeur. Il était évident qu'il aurait fallu le réveiller chaque matin ... et lui enlever des heures (précieuses) de sommeil. On sait pourtant que c'est pendant le sommeil que les apprentissages se consolident. 
Il apprenait déja tellement chaque jour seul. Il savait compter, connaissait les lettres qu'il prenait plaisir à repérer sur les panneaux de notre quartier ou les plaques d'immatriculation. Il n'aimait pas dessiner, mais adorait construire. Il adorait découper, peindre, observer les fleurs, les engins, chanter...  
Il faisait ce qu'il aimait, il aimait ce qu'il faisait et il apprenait constamment.


Plus la date fatidique approchait, moins l'idée ne me séduisait. Nous passions régulièrement devant l'école en allant nous promener. La cour était petite, entièrement recouverte de bitume. Les enfants y étaient très (trop!) nombreux pour un si petit espace. 
Nous sommes tout de même allés visiter l'école en juin (pour voir ce à quoi nous allions peut-être renoncer) Et là c'était sûr: il n'irait pas. En tout cas pas cette année (voir pas les années de maternelle puisque je serai en congé parental pour sa petite soeur, on verrait pour la suite...) 
Je préférais qu'il continue d'apprendre à son rythme, qu'il se lève quand il était reposé, qu'il dessine un dinosaure plutôt qu'un bonhomme si ça lui chantait, qu'il fasse des maths et apprenne les lettres quand il voulait, qu'il danse quand il en avait envie, qu'il puisse lire dix livres à la suite sans dire ce qu'il en avait compris, qu'il pose les questions qu'il voulait, qu'il apprenne à connaître sa soeur, à se connaître lui, à connaître la nature en la voyant changer chaque jour de l'année. 
Bref, je voulais qu'il soit libre d'apprendre.


Je me suis demandée à quoi je voulais que sa petite enfance ressemble. La réponse était évidente. Je voulais qu'il ait le temps de jouer, de courir, de rire, de construire, de dormir, de découvrir, de peindre, de s'émerveiller... et mille autres choses encore... Je voulais qu'il ait le temps de prendre le temps de faire les choses qui lui tenaient à coeur ou alors de ne rien faire du tout.
Je me suis aperçue alors que je voulais tout simplement que son enfance continue à ressembler à ce qu'elle était déja.
Il n'y avait absolument rien à changer à notre quotidien et donc aucune raison de le faire. Est-ce que le fait que (presque) tous les enfants de 3 ans entrent à l'école était une raison assez valable pour y inscrire notre enfant, si au fond de nous, ça ne nous paraissait pas être le bon choix? Non, évidemment. 
Notre choix de non scolarisation n'était donc à la base pas un choix CONTRE l'école (même si j'ai des choses à lui reprocher), mais bel et bien un choix POUR continuer à vivre cette vie si simple et tellement belle qui nous rendait parfaitement heureux.
Et cette vie, il se trouve simplement qu'elle était sans école.
Un choix de vie peut-être minoritaire, mais nous correspondant totalement.

Et pour notre fille, nous ne sommes même pas posés la question. ;-) 


lundi 20 février 2017

Meet the Flockmen !

Connaissez-vous les Flockmen?  Non ? Alors laissez-moi vous les présenter ! :D


Je n'ai pas pour habitude d'écrire pour présenter des jeux (bon, en fait je n'ai même plus vraiment l'habitude d'écrire ^^) mais je me suis dit que ce pourrait être sympa cette fois-ci.
D'autant plus que les jeux font partie intégrante de notre quotidien ... Les enfants jouant du matin au soir et du soir au matin.

Les Flockmen sont des petits bonhommes de bois vendus à un prix plus que raisonnable pour un si joli jeu ouvert et de bonne qualité :) Ils sont livrés dans une boîte encore pleine de copeaux contenant un petit sac. Il y a également des idées d'activités sur leur site, mais j'avoue que l'imagination des enfants suffit amplement ! :D (bon, les cartes ont quand même l'air cool !)


M a commencé par les empiler ... tandis que E jouait plutôt à l'horizontal ...
Sa première construction lui a fait penser à un sapin, donc il a décidé de faire des cadeaux :D J'aime comme ces jeux ouverts permettent à l'imagination de se laisser aller !



Plein de cadeaux sous le sapin :)

Puis il y a eu diverses choses ... un chemin, une cascade ! (souvenir de notre randonnée de ce week-end ;-) qui a ensuite donné l'idée de faire de la pluie.
Alors, vite on construit une maison où les Flockmen pourront s'abriter ! Ils sont tout de suite devenus copains avec les bonhommes Grimms ;-)


Un chemin.
Une cascade ... de Flockmen !
une maison.
Il pleut !

Tous à l'abri ! 


Enfin, M a décidé de faire des chiffres avec !
Les deux enfants vouent une passion aux nombres et M a toujours construit des chiffres (ou lettres) avec des matériaux ouverts. Mais ce qui est intéressant ici, c'est que comme souvent ces temps-ci il a voulu "légender" sa construction et au lieu d'écrire phonétiquement comme il fait d'habitude, il a voulu écrire avec l'orthographe correcte et a demandé comment s'écrivait tel ou tel nombre, puis sous mes conseils a vérifié dans un livre pour les suivants.








Quant à E, elle a décidé de donner des noms à ses personnages et de les écrire ! ;-)


Quand on dit que jeux et apprentissages sont liés, en voilà une énième preuve :D (s'il en fallait vraiment une !)

Comme avec tous les jeux dits "ouverts", les possibilités de construction ou d'utilisation des Flockmen sont infinies.
Ils se sont intégrés naturellement aux jeux ou intérêts du moment : construction, détournement pour des "jeux mathématiques", jeux d'imitation ou de rôle ... Le fait qu'ils représentent des personnages tout en étant utilisables comme des "blocs" est vraiment un gros PLUS. Ils peuvent prendre une identité précise (et même se voir attribuer un nom comme l'a fait E) ou être utilisés comme des "loose parts" comme dans les constructions de M: ils n'avaient aucune identité particulière et il aurait utilisé d'autres éléments identiques (comme des Kapla) par exemple la finalité aurait été la même.
Au final, une boîte en plus ne serait pas de trop ! Mais je dois dire néanmoins que je suis fière des enfants car quand il leur manquait quelques Flockmen pour terminer ce qu'ils avaient en tête, ils évaluaient le nombre manquant et attendaient que l'autre ait fini sa construction pour lui demander et vice-versa.
Je précise que la coopération ne se passe pas toujours aussi bien, mais l'apprentissage par le partage de jeux est un très bon exercice au quotidien :)

Bienvenus chez nous, chers Flockmen ! 

mercredi 1 février 2017

Libres de peindre.


Une des choses que j'aime le plus concernant la non-scolarisation de mes enfants est le fait qu'ils puissent laisser libre court à leur créativité, de quelque manière que ce soit.

Aujourd'hui, j'aimerais donc célébrer la "peinture libre" ! :D
Aaaah, la peinture, je ne connais pas un enfant (ni même un adulte) qui n'aime pas ! Et alors, peindre "librement", quel bonheur.

Peindre librement (pour moi en tout cas), c'est tout simplement peindre sans but fixé et sans contrainte extérieure. Sans qu'on nous souffle quoi peindre, ni comment. Quand commencer ou s'arrêter.

Hier, les enfants ont parlé de faire de la peinture, les voilà donc à sortir les pots tout excités et à mettre leurs affaires en place dans le salon. D'habitude j'aime en profiter pour siroter un petit thé tout en ouvrant mon livre en cours, mais leurs cris enthousiastes ont eu raison de moi et je me suis retrouvée à tourner discrètement autour d'eux :D

Cette fois-ci, ils sortaient la peinture dans un but précis : faire des mélanges de couleurs et, plus précisément, créer du vert (la couleur préférée actuelle de M).
M connaît le mélange des couleurs depuis un bon moment, et E, le connaît également en théorie et en pratique, néanmoins, elle aime vérifier que les associations de couleurs donnent bien la même chose à chaque fois :D Des petits scientifiques en herbe, qui ont besoin de vérifier leurs hypothèses et comparer leurs résultats, en somme.


J'installe en fond leur livre préféré du moment sur les couleurs, le (géniallissime) "Grand livre des couleurs", des éditions Usborne et m'éclipse.
Comme prévu, chacun fait son mélange pour créer du vert.
Premier émerveillement: leur vert n'est pas le même !
                                              
 "Maman, le vert de M il est plus foncé !"
Ils poursuivent.
E crée du marron. M, étonné, lui demande comment elle a fait ! Ils discutent, partagent leurs découvertes, échangent des "recettes".
Ils s'amusent également à faire différentes teintes de bleu. Bref, ils s'immergent à fond et prennent beaucoup de plaisir à mener leurs petites expériences, leur bonheur est palpable.
Comment pourrais-je m'asseoir à boire mon thé franchement ? Et rater ces sourires radieux sur leurs visages ? ;-)


La séance se poursuit et s'écarte de son but initial, pas de problème, c'est ça la liberté de peindre :D
M ne peut s'empêcher de peindre un petit volcan ;-)
Une fleur géante.
Des arbres.

E, quant à elle, reste dans l'abstrait.
Elle décide ensuite de peindre ses mains et faire des empreintes. Son frère ne tarde pas à l'accompagner dans ce petit plaisir :D


Enfin, E décide de se faire des points sur le corps...


Bref, encore une superbe séance où ils n'ont pas rencontré de contrainte extérieure et ont pu explorer leurs intérêts du moment via ce médium si particulier.


Quel joyeux mélange de couleurs ! Il n'y a plus qu'à tout nettoyer ;-D

Au bain les pinceaux !!!